Les Pensées de Pascal

« Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie. »
Transition, (Fragment 233, Sellier)

 

 

Né à Clermont le 27 septembre 1651, Louis est le cinquième enfant du couple Périer. Marguerite, sa sœur aînée, le décrit comme un garçon turbulent « tournant tout ce qu'on voulait lui apprendre en plaisanterie » Inquiète Gilberte le confie en 1658 à son frère Blaise. L'influence positive de son oncle, puis celle de précepteurs de qualité contraints de quitter en 1660 la dernière des Petites Écoles de Port-Royal, lui permettent d'entamer des études prometteuses au séminaire oratorien de Saint-Magloire à Paris. Arnauld et Nicole suivent de près sa formation.

Plan de la ville de Clermont-Ferrand vers 1725 : d'après un plan manuscrit et colorié de la Bibliothèque Nationale
Plan de la ville de Clermont-Ferrand vers 1725 : d'après un plan manuscrit et colorié de la Bibliothèque Nationale (Cote : CA 90)

Il reçoit la tonsure le 11 juin 1677 puis les ordres mineurs le 29 juin 1680. D'abord simple acolyte, il est nommé diacre à Clermont dans un document daté du 16 mars 1685 et accède ainsi aux ordres majeurs. Le voici membre à part entière du clergé.

Son élection comme doyen de la collégiale Saint-Pierre de Clermont en 1686 laisse supposer qu'il est entré dans le troisième ordre sacré : la prêtrise. Cette nomination est une lourde responsabilité qui semble l'effrayer. Il demande l'avis d'Antoine Arnauld qui l'encourage et lui apporte de nombreux conseils. Exigeant en matière de discipline à l'égard des chanoines placés sous son autorité, il sait montrer l'exemple. Actif et efficace, il gère au mieux les biens du chapitre négligés depuis de nombreuses années sans laisser de côté les missions charitables liées à sa fonction.

En ces temps difficiles, Louis Périer fait face à la misère croissante des Clermontois : la guerre entreprise en 1688 par Louis XIV contre les Provinces Unies implique de lourdes impositions. Les mauvaises récoltes aggravent encore la précarité du peuple. Président du bureau de l'Hôtel-Dieu en 1690, il s’investit à partir de 1692 dans l'établissement du bureau des pauvres à Gerzat où il possède deux domaines. Il va en administrer et défendre les intérêts jusqu'à sa mort sans ménager son temps ni son argent. En accord avec ses sœurs Jacqueline et Marguerite, il empiète sur le patrimoine familiale pour des donations à l'Hôtel-Dieu puis à l'Hôpital général. Louis en est un des administrateurs comme le fut Florin. Cette générosité est d'autant plus remarquable que les Périer connaissent des difficultés dans le recouvrement de leur créance. La gestion du patrimoine familial impose une vigilance extrême peu compatible avec la dévotion exigeante de Louis. Il faut toute la conviction d'Antoine Arnauld pour le persuader qu'il ne profane pas l'eucharistie en gérant ses affaires par devoir et pour pratiquer la charité.

A son titre de doyen du chapitre Saint-Pierre, Louis ajoute en févier 1701 celui de chanoine de l'église cathédrale de Clermont. Le cumule des bénéfices étant contraire aux idées de Port-royal, il résigne sa dignité de doyen de Saint-Pierre sans demander de pension viagère à son successeur. Son nouveau statut lui permet de choisir son confesseur, ce qui dans cette période où l'absolution peut être refusée aux partisans de Port-Royal permet d'éviter bien des désagréments. Il choisit alors le curé de Notre-Dame-du-Port, Pascal Fréhel, un homme proche de ses idées.

A partir de 1710, Louis se consacre à la conservation des souvenirs pascaliens. Il prend la suite de sa mère et de son frère aîné mort en 1680 dans le déchiffrement et la copie des écrits de son oncle. Il procède au collage des fragments originaux des Pensées et à la confection du recueil qui a permis leur conservation.                                                                                                                                                                                                                                                                             

Soucieux de préserver les documents les plus précieux en sa possession, il dépose en 1711 à la bibliothèque de Saint-Germain-Prés à Paris les originaux des Pensées de l'édition de 1670, un volume contenant des pièces de la main de Pascal sur La grâce et le Concile de Trente, le manuscrit original de l'Abrégé de la vie de Jésus-Christ et enfin le Mémorial. Il prend également soin de faire don d'une machine arithmétique à l'Académie des sciences. Il meurt à Clermont le 13 octobre 1713.



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